Les VPA désormais présents dans nos maisons et sur nos téléphones vont-ils devenir de nouveaux supports de communication pour les marques ? C’est désormais probable comme le prouve les premières campagnes lancées aux USA et en France.

Vous les connaissez déjà probablement sous leur petit nom : Google Home, Amazon Echo… Ce sont les fameux VPA (pour Virtual Personal Assistant) !  Ce concentré d’intelligence artificielle (IA) connecté au web peut vous simplifier la vie domestique en répondant à vos questions (il ira chercher les réponses sur Internet), en contrôlant votre domotique, en diffusant dans la maison à la demande des contenus musicaux ou vidéos, en tenant votre agenda, en appelant vos amis, en effectuant à votre place vos achats sur Internet, …


Quand on connait la nature des deux firmes qui ont lancé sur le marché les premiers VPA domestiques, on se doute bien que ces objets ne sont pas uniquement destinés à nous rendre service. Pour Amazon, il s’agit avant tout d’un moyen de simplifier le tunnel de commande et pour Google d’un nouveau support publicitaire à exploiter.

Quand Google fait la promo de la Belle et la Bête

Déjà en mars dernier, les utilisateurs de Google Assistant (sur Androïd) et de Google Home ont constaté le présence d’une annonce audio assez inhabituelle glissée dans le résumé de la journée énoncé par la voix elle bien habituelle de l’assistant. Il s’agissait de promouvoir la sortie du nouveau film de Disney « La belle et la bête ». Interrogé par The Verge, Google a nié son intention de glisser une publicité dans le flux d’information de son assistant : « Cela faisait partie de la fonctionnalité Ma Journée, qui, après vous avoir donné quelques informations sur votre planning, vous recommande parfois des idées de sortie. Nous continuons à expérimenter la manière dont nous amenons ce contenu aux utilisateurs et nous reconnaissons que cette fois-ci, nous aurions pu trouver un meilleur moyen de le faire  ». Difficile à croire tout de même…

Stubb’s utilise l’assistant vocal d’Amazon pour aider ses fans à préparer le meilleur barbecue estival

Aux Etats-Unis, Christopher B. Stubblefield est une véritable légende. Propriétaire de restaurants de grillades texans mondialement reconnus, il est aussi le fondateur de la célèbre marque de sauce pour viandes Stubb’s Legendary Kitchen. Décédé en 1995, il avait aussi le don d’animer un barbecue comme personne. Afin de rendre hommage à ce véritable expert de la grillade estivale, la marque alimentaire a mis en place durant l’été 2017 un dispositif de brand utility peu commun.

Stubb’s s’est ainsi associé à l’assistant vocal intelligent d’Amazon, Alexa, pour offrir aux estivants les conseils du meilleur chef barbecue du monde. Plus précisément, l’annonceur a puisé dans les enregistrements audio et vidéo de C.B Stubblefield afin de pouvoir faire revivre sa voix. Résultat : une appli baptisée « Ask Stubb », disponible gratuitement sur Amazon via le site dédié alexaskillsstore.com, qui apporte aux utilisateurs américains les meilleures recettes, histoires et conseils de cuisine du célèbre chef. Il suffit au consommateur de poser une question via le boîtier intelligent et ce roi du barbecue lui apporte vocalement la réponse qu’il aurait donné de son vivant. L’appli permet même à l’utilisateur de recevoir la playlist musicale préférée de ce personnage fan de blues ou de commander de la sauce Stubb’s chez Amazon.

Et en France Monoprix et Séphora sont sur les rangs

Séphora a été en France la première marque a se lancer sur Google Home en proposant différents services comme la prise de RDV, la consultation de Podcasts Beauté de 2 minutes ou encore des quiz.

Monoprix, filiale du groupe Casino s’est lancé la semaine dernière dans le commerce conversationnel en supprimant la corvée de la liste de courses.  Les utilisateurs vont ainsi pouvoir directement « parler avec Monoprix », en prononçant les mots-clés « Ok Google, parle avec Monoprix« . De là, Google Assistant cède sa place à l’intelligence artificielle du géant de la distribution — qui s’est octroyé les faveurs de l’agence Artefact, spécialiste en data et IA, pour mener à bien son projet — et l’utilisateur peut réciter sa liste de courses. Grâce à la carte fidélité et aux algorithmes qui récupèrent de nombreuses informations sur l’historique des courses, il n’est plus nécessaire de préciser la marque du produit. In fine, la liste apparaît dans l’application de Monoprix.

Pour l’heure, il semblerait que Monoprix s’en tienne uniquement à l’historique de courses, mais dès janvier, il se pourrait bien que l’enseigne de distribution émette quelques recommandations en soumettant à ses clients trois produits complémentaires ou bien de marques différentes. Pierre-Marie Desbazeille, responsable marketing et expérience client chez Monoprix, explique : « si vous dites acheter du lait et des œufs, on peut vous suggérer de prendre de la farine pour faire des crêpes ». Mais que leurs produits soient recommandés, il faudra forcément que les marques déversent quelques deniers à Monoprix. À terme, Monoprix souhaiterait même suggérer des recettes complètes. En évoquant un plat ou un dessert, tous les ingrédients pourraient alors être intégrés à la liste de courses.

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